L’échec : un drôle de monstre. Dans notre esprit, il nous fustige du regard, il nous méprise, et un peu trop souvent, on lui donne raison…

Qu’il s’agisse d’un examen, d’un casting ou d’un entretien d’embauche, on peut voir l’échec comme n’étant rien d’autre qu’un feed-back, une étape intermédiaire qui nous sépare de la réussite. Il permet de se remettre en question soi-même et élaborer de nouvelles stratégies pour réajuster son approche des choses : il s’agit de reculer pour mieux sauterEn réalité, c’est aussi une opportunité merveilleuse d’apprendre à mieux se connaître en passant au crible nos propres motivations. Pourquoi ces études/ cette activité/ ce métier ? Qu’est-ce qui me rattache profondément à cette discipline ? Comment en retirer le meilleur ? L’échec permet une introspection et un recul sur soi que ne permet pas toujours le succès
Le plus bel intérêt de l’échec, ce n’est pas tellement de nous prémunir des autres à venir mais précisément, permettre d’aborder les suivants avec plus de clarté et de sérénité, en en saisissant tout le potentiel et en gardant précieusement en tête qu’aucun d’eux ne pourra jamais nous définir. Au mieux, ils définiront un ensemble de savoirs associé à un instant unique de notre vie. Un savoir dont l’évaluation dépend d’une poignée de personnes, qui malgré leur compétence notoire, sont comme nous des humains imparfaits sujets aux erreurs et à de la subjectivité inhérente à leur personnalité. Et c’est tout à fait compréhensible.
Voyez comme l’échec (ou la réussite même) dépend d’une infinité de paramètres extrêmement fragiles et parfois complètement indépendants de notre personne, et qu’il serait absurde qu’il puisse décemment définir quiconque. Car c’est bien cela qui est douloureux dans l’expérience de l’échec : se sentir étiqueté par une note, être réduit à un chiffre, qu’il va falloir par ailleurs justifier auprès de ceux qui ont posé sur nous de nombreuses attentes, qu’il s’agisse de parents, d’amis ou de professeurs. 
Il ne s’agit pas de se leurrer. Réussir, dans quelque domaine que ce soit, ce n’est pas qu’un pari hasardeux : ça demande des efforts et des sacrifices indéniables pour lesquels on peut raisonnablement se féliciter. Parfois malheureusement, de ces mêmes efforts en résultera un échec. Et pour autant, nous ne devrions pas moins nous féliciter de cet acharnement. Nous pouvons être fier, et sommes en droit de relativiser, de remettre en question ceux et celles qui nous jugent ainsi que leurs méthodes, de se demander si nous souscrivons tout à fait aux valeurs qu’implique l’évaluation des autres à notre sujet. Être un apprenti ne devrait pas ôter notre libre-arbitre face à ceux qui détiennent un peu plus de savoir. Nous devons rester critique quel que soit le résultat qui découle de l’appréciation d’autrui. 
L’échec ce n’est certainement pas rien, mais ce n’est pas tout non plus !

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